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Full text of "Bandō bushidan no seiritsu to hatten"

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NOTICE 

SUR 

LE DAC0S OLEiE 

VULGAIREMENT CONNU - 

SOUS LE NOM M MOUCHE DE L OLIVIER 
ET' SUR LES MOYENS 

DE D^TRUIRE GET INSECTE MALFAISANT 

PAR 

Norbert BOIVJLVOVS 

Professeur a la Faculty des Lettres , Membre de l,Acad も mie des 
Sciences , Agriculture, Arts et Belles - Lettres , et du Comicq 
Agricoie d'Aix-en-Provence , Propri も taire a Salon 
{ Bouches-du- Rh6ne ). 



A IX 

IMPRIMERIE ILLY , RUE DU COLLEGE , 20. 

mo. 



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NOTICE 

SUR 

LE DACUS OLEiE 

VULGAIREMENT CONNU 

SOUS LE NOM DE MOUCHE DE L'OLIVIER 
, ET SUR LES MOYENS 

DE DfiTRUIRE GET INSECTE MALFAISANT 

PAR 

IVorbert BOM 矗 ffOVS 

Frofesseur a la Facult6 des Lettres , Membre de l'Acad6mie des 
Sciences, Agriculture, Arts et Belles-Lettres , et du Cornice 
Agricole d'Aix-en-Provence , Propridtaire k Salon 
( Bouches-du-Rh6ne ). 




AIX 

IMPRIMERIE ILLY , RUB DU COLLEGE , 20. 

mo. 



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に 厶:. ' 



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NOTICE 

SUR 

LA MOUCHE QUI DfVORE LES OLIVES 

ET 

SUR LES MO 環 S DE S,EN D 虹 IVRER. 



S,iL fallait s*en rapporter k un ancien pro - 
\erbe , le Parlement, la Durance et le Mistral 
seraient les trois fl^aux de la Provence. Mais 
on salt depuis longtemps que les proverbes ne 
sont pas toujours la sagesse des nations , et 
que, s,ils consacrent quelquefois d,utiles v も rit も s, 
ils accr さ ditent souvent des pr^juges nuisibles 
et fAcheux. Je n*en voudrais pour preuve que 
le proverbe que je viens de citer. Nous ne 
pouvons rattribuer qu,aux vices de 1, さ tat social 
de nos p も res, ou k leur humeur chagrine et 
raiileuse ; car il est faux de tout point aujour- 
d'hui. En effet, le Parlement, repr も sent も par notre 
Cour imp^riale, rend bonne prompte justice. 



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— 4 — 



ce premier besoin des peuples civilises ; la Du- 
rance , largement saign^e k ses deux flancs , 
r^pand sur nos plaines un limon, ou plut6t un 
sable schisteux , qui ameublit et f^conde nos 
terres argiletises et calcaires , tandis que ses 
eaux couvrent le paysage d,ime luxuriante vege- 
tation. Le Mistral enfin, que nous maudissons 
quelqueiois dans les moments de sa colfere, as- 
sainit notre climat, et tempfere de son souffle 
vivifiant les ardeurs de notre soleil : si bien 
que, pour rester dans le vrai, nous pouvons 
dire de lui ce qu'un poete disait de Richelieu : 

II nous fait trop de bien poor en dire du mal, 
II nous fait trop de roal pour en dire du bien. 

II est un autre fl^au que rancien proverbe n,a 
pas signial さ, dont les ravages ^taient peut-^tre 
moindres autrefois , mais qui fait aujourd'hui 
plus de 磁 1 que iTen firent jadis les trois au- 
tres r^unis, fl^au qui vient p^riodiquement, tous 
les deux ans, enlever k la Provence une valeur 
approximative de cinq millions d'une r^colte 
pr^cieuse, et que nous subissons avec une resi- 
gnation m^l^e de col&re , sans bous enqu^rir 
des 動 yens de nous en preserver. Ce fl6au est 
une petite mouche , ennemi ridicule et ch^tif, 
veritable moucheron de la fable , contre lequel 
nous navons employ^ jusqu'i present que les 
rugissements impuissants du lion. 



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— 5 — 

Notre intention , en も crivant ces pages , est 
de prouver qu'il serait facile , sinon de faire 
complfetement disparattre cet insecte, du moins 
d,en attenuer consid^rablement les ravages. Le 
remfede que nous venons proposer fera proba- 
blement l,effet d,un paradoxe , car notre inten- 
tion est d ,も tablir que la mouche qui d^vore nos 
olives ne peut も tre. d^truite que par le moyen 
de la diplomatie. On peut rire d,abord, mais 
qu'on nous lise, et peut-6tre le paradoxe de- 
viendra-t-il une v6rit6 tellement る vidente, qu'elle 
semblera d^montr^e d,une mani も re aussi cer - 
taine qu'un th さ or も me d'algfebre ou de g さ om さ trie. 

Nous nous aiderons , pour cette demonstra- 
tion, non seulement de notre experience et de 
nos observations personnelles, mais aussi d,ex - 
cellentes notes manuscrites qui nous ont 
donn^es par M. Joseph Castillon , de Salon, 
homme de sens et d'esprit , et qui joint k une 
longue pratique de lagriculture rintelligence des 
affaires> appliqu^e surtout k la production et au 
commerce des huiles. 

Nous aYions depuis longtemps rintention de 
publier ces pages. Une observation , decisive 
pour la v^rit^ de notre systfeme, faite k locca- 
sion de la r^colte de 1854, nous avail m も me 
decide k ne plus diflKrer, lorsque des occupa- 
tions nombreuses et d'autres publications im - 
portantes nous dStoum も rent de notre dessein. 



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Quelle na pas et も notre surprise, nous pour- 
rions dire notre satisfaction, quand nous avon» 
regu de notre collfegue M. Charles de Ribbe, la 
communication d'une brochure, publi^e k Turin 
en 1843 , dans laquelle nos id^es sur la larve 
qui devore les olives も taient exposees avec beau- 
coup de clart^ et de logique I Ce m さ moire est 
extrait du Repertoire agriculture et de sciences - 
Sconomiqms et indmtrielles de Turin, I/auteur, 
M. Louis Boubaudi, Fa traduii en italien pour 
cet estimable reciieil ; il ravait public la m^me 
ann^e, en frangais, dans un ouvrage important 
dont il est Fauteur, et qui est intitule, Nice et 
ses environs ; bamn de Nice, aspect et hauteur 
des montagnes ; sources, ruisseam ; g も ographte 
et histoire ; mSUorologie ; productions territo- 
riales, plantes et animam ; etc., Turin , 1843. 

Nous emprunterons au mempire de M. Louis 
Boubaudi qui s'est lui-m6me aid(5 des ouvrages 
de nos agronomes provencaux, une grande partie 
de Ce qui concerne la physiologie de la mouche 
de Folivier. C,est dans nos propres observations, 
et dans les notes manuscrites de M. Joseph 
Gastillon, que nous trouverons la r^ponse k 
cette singulifere question que personne ne s,est 
encore faite: Pourquoi la mouche, depuis 1828 
seulement , vient-elle p^riodiquement , de deux 
en deux ans, d^truire la r^colte de nos olives , 
si bien que les ^poques de son apparition et 



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— 7 — 



de 8es ravages correspondent exactenaent mix 
a ひ nties qui se terminent par un chiffre pair? 
La r^ponse k cette question nous indiquera les 
moyens de nous preserver de nouveaux malheurs. 
La cause du mal une lois connue, il est facile 
d'en trouver le rem も de. 

Notre travafl se amsera naturellement en trois 
parties. Dans la premifere nous ferons la des- 
cription de la mouche ; dans la seconde nous 
raconterons ses peregrinations et ses ravages ; 
dans la troisifeme, nous exposerons les moyens 
propres k nous d も livrer de cet insecte nuisible. 



I, 

Physiolofie de la louche, 

Le ver ou la larve qui ronge les olives est 
appel^ ciron dans nos anciens agronomes pro - 
vengaux. Parvenu h F^tat parfait d'insecte , il 
forme une mouche que les entomologistes ont 
designee sous les noms divers de musca olew, 
cinips oleod , stomoxns keironi. Sans discuter la 
convenAnce de ces difKrentes appellations, nous 
adopterons le nom de dacus olecB , qui a pour 
lui l,autorit さ du savant Boyer de Fonscolombe, 
de son vivant rnembre de notre academie , et 



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- 8 - 

auteur du Trait も d,entomologie ^l^mentaire de 
la collection Roret. 

La mouche de、l,olivier est un peu plus petite 
et moins brune que la mouche ordinaire. Sa 
t6te est jaun4tre, avec des points noirs au des- 
sous. Elle porte deux antennes k palette, ayant 
chacune k leur base un petit poil k peine visible, 
un peu plus Ihng que les antennes, et qui s ,さ 1 も- 
vent en s ,さ cartant run de I'autre , comme les 
cornes d,une ohfevre. Ses yeux sont d'un vert 
azur changeant , places lat^ralement , comme 
dans tous les individus de cette grande tribu 
d'insectes. La trompe est jaune, fendue k Vex- 
tr^mit^, le corcelet brun, marqu6 au dessous par 
des lignes on bandes longitudinales noiratres. 
Les ailes sont au nombre de deux, se croisant 
en partie sur le corps, conune celles des mou- 
ches communes. Les jambes sont jaundtres, avec 
six articulations, Le corps, jaun4tre au dessous, 
est brun fonc6 au dessus, avec des lignes jau- 
nAtres transversales. Le ventre et le corcelet sont 
converts de poils extrSmement fins, visibles seu- 
lement au microscope. Les femelles ont le corps 
et rabdomen terminus par une pointe noire, en 
forme d ,さ tui , d,oti sort par la pression un 
dard trfes fin et trfes aigu. Les mMes different 
peu des femelles pour la forme , le port et la 
couleur; mais leur abdomen est plus arrondi, 
et lis sont priv^s d ,さ tui et de dard. 



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— 9 — 



La femelle perce I'oUve avec le dard quelle 
allonge ou retire k volonte. EUe depose d,or — 
dinaire un seul oeuf sur cette piqAre, dont Fori - 
fice ne tarde pas k se fermer , quoiqu'il reste 
des cicatrices qui font recoimaitre les olives 
piques. La larve qui 6clot de I'oeuf est blan- 
che, moUe, de forme conique ; la peau est si 
fine et si transparente qu'on peut distinguer les 
mouvements et la couleur (Time partie des vis - 
cferes. On y compte dix anneaux ; on n,y yoit 
point d'yeux. Cette larve n'a point de jambes, 
mais elle se traine facilement sur une surface 
unie. Quand elle a acquis tout son d^veloppe- 
ment, elle a une longueur d,un demi centimMre. 
Ges an ぼ des rongent la poulpe de Folive 
• au moyen de deux crochets noirAtres quijs por- 
teilt k la t さ te; celle-ci est un peu plus petite que 
le corps , et se meut dans tous les sens. lis 
tracent dans le fruit une galerie, trfes peu appa- 
rente au dehors quand I'olive est mtire , tr も s 
visible au contraire quand elle est verte et peu 
chamue. 

Quand vient r^poque de la metamorphose , 
quand la larve veut d'abord passer k I'etat de 
chrysalide, d'oii sortira plus tard ranimal par- 
fait c'est-^-dire la mouche , la larve ronge la 
poulpe du fruit jusqu,a la peau et la perce. 
Alors ranimal se contracte et se r^duit it quatre 
millimfetres. Sa peau se durcit, devient opaque 



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一 10 — 

et forme une coque ovoide, inerte , de couleut 
jaundtre , qui passe ensuite au Wane, vers le 
moment oii la mouche , d さ ji form も e dans la 
coque, fait sauter avec sa t さ te une petite calotte 
pour pouvoir sortir. Get insecte nait de la m も me 
grandeur que la mouche qui lui donna la vie. 
A peine a-t-il d^velopp6 et ^tendu ses ailes trans- 
parentes, qu'il prend son vol au soleil. 

Ces metamorphoses se succ^dent dans Volive 
m さ me , quand elle est attach も e A I'arbre. On 
trouve dans la galerie creus も e par la larve, la 
d^pouille de la mouche , c'est-i-dire la coque 
d,oii est sorti Finsecte ail6. Quelquefois, lorsque 
la r^colte n*a pas 6t さ trfes abondante, on trouve 
jusqu'i trois ou quatre d^pouilles dans la m も me 
olive. 

Si Folive tombe , ce qui arrive presque tou- 
jours quand elle est rong^e du ver, ces ann6- 
lides% quelques heures avant de passer k 1 ,さ tat 
de chrysalide , abandonaent le fruit pour aller 
h la recherche d'un refuge dans la terre, oh ils 
opferent leur premiere metamorphose. Ils y res- 
tent dans cet 6tat un temps plus ou moins long, 
suivant le degr る de temperature de l air ambiant, 
Mais si 1, olive tombe lorsqu'elle est encore 
verte , peu charnue et coriace , la larve meurt, 
k moins qu'elle ne soit d&jk en も tat de se chan- 
ger en chrysalide. Si au contraire le fruit est 
perce par la mouche quand il est mAr, le ver 



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一 \\ ― 



continue k s'en nournr et k prendre tout son 
d^veloppement , m さ me lorsqu,au moment oil 
rolive se d^tache de Varbre , I'oeuf qui la ren- 
ferme n'est pas encore Mos. Ainsi le ver nlaban- 
donne Folive tomb^e de Varbre que lorsqu'il 
veut passer a I'^tat de chrysalide ou de coque. 
II s^crfete alors une liqueur visqueuse, au moyen 
de laquelle il se fixe contre les corps avec les - 
quels il se trouve en contact. On remarque 
toujours une grande quantity de vers et de chry- 
salides attaches au sol et contre les parois des 
murs ou sont amoncel^es les olives piqu^es. 

A partir de juillet et d'aoAt, さ poque oil Fhuile 
commence k se montrer dans le pencarpe du 
fruit , jusqu'en novembre et d さ cembre , Fin - 
secte peut accomplir ses metamorphoses trois 
ou quatre fois, et quelqueiois m さ me plus sou- 
vent. Le temps qui im est n^cessaire pour passer 
de 1 ,さ tat d'oeuf a celui de mouche, est d'ailleurs 
subordonn^ a Tair atmosph^rique , et surtout 
au degr^ de chaleur auquel il est expos^. Si le 
thermomfetre se maintient au dessus de dix-nuit 
degr^s , quinze jours sufBsent. Si au contraire 
la temperature reste stationnaire entre dix et 
quinze degr^s , la chrysalide a besoin de vingt 
et plus, quelquefois de trente jours pour se 
changer en mouche. Enfin , au-dessous de dix 
degr^s, les larves cacWes dans la terre, et les 
larves nouvelles d^pos^es dans rolive restent 



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一 it ム 

eomme endormies ; elles n'opiirent leur metamor- 
phose qu,w retour du printemps, et lorsque le 
tiiermomfetre marque une temp^ature constante 
au-dessus de dix degr^s. 

La mouche commence toujours son funeste 
fravail dans les sites les plus abrit^s, ies plus 
chauds, vers les parties de l,arbr せ les plus ex- 
pos さ es au soleil, et particuli^rement sur les oli- 
viers qui ont des olives en petit nombre et 
avanc6es dans leur m4turit^. Au contraire, les 
oliviers charges de fruit, et d'une v さ gelation vi - 
goureuse, ce qui retarde toujour&la mAturit さ des 
olives, sont en general les derniers k 4tre atta- 
qu^s par la mouche. 

On remarque de plus que Jes olives piau^es 
njArissent plus vite que les olives saines ; il suffit, 
on le salt, de piquer un fruit avec une aiguille, 
pour en hAter la mAturite. Les figues, les pom - 
mes, les poires, pi<ju さ es par un insecte, mAris- 
sent avant Fheure. Nous devons reconnaitre 
dans ce fait la tendre sollicitude de la nature, 
qui a voulu pressor la mAturit^ des fruits verts, 
pour procurer plus tot aux larves la nourriture 
qui leur est n^cessaire. 

Au moyen du microscope , on a pu も tudier 
la femelle dans son 6tat prolifique, et constater 
que son abdomen contient un amas d'oems a,une 
extreme petitesse. Nous inclinons h cvoire qu'une 



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- is — 

seule mouche pent en peu de temps piquer des 
centaines d'olives ; car aussitdt qu'elle a introduit 
nn oeuf au moyen de son dard, elle s'envole, et 
va piquer d'autres fruits voisms, continuant ainsi 
sans relAche roeuvre de la destruction. , 

R n'est done pas ^tonnant de voir cette mouche 
se nmltiplier k Vinfini, iorsque V^tat de l,atmos- 
phfere le pennet. V^sla fin de septembre surtout, 
Iorsque les premiers froids ne sont pas encore 
arrives, cet iqsecte devient pour nos contrtes 
line veritable plaie d'^gypte. Dans les mois de 
juillet, aoAt et septembre, il n'a pu encore se 
reproduire que deux fois. La seconde g6n6ration 
sans doute est innmment plus nombreuse que 
la premifere, mais on trouve encore quelques 
fruits intacts sur les arbres. Les pluies fortes et 
longues que nous avons cpielqueiois k V^poque 
des Equinoxes , ou bien trois ou quatre jours 
d,im mistral violent, peuvent d^truire une grande 
quantity de mouches, repousser les autres vers 
le sud-est et les noyer dans 1$ mer. Nous avons 
m さ me vu, en 1856, le mal s'arr^ter tout k coup 
i la suite d'un abaissement subit de la tempe- 
rature, qui endormit et fit mourir les mouches 
en peude jours. Les larves sont moins sensibles 
au froid ; elles peuvent m6me r^sister k une 
temperature de z^o glace ; mais elles deviennent 
alors inertes et incapables d'op^rer leurs diverses 
metamorphoses. 



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— u — 

kxx contraire , lorsque I'etat de l,atmosphfere 
permet k la mouche de se reproduire et de 
voyager sans obstacle, lorsque les 腿 is de sep- 
tembre et d'octobre ne sont qu'une continuation 
de r も t^, c 謹 me cela arrive tr^s souvent, il est 
bien difficile de trouver dans les aim お s od la 
larve du dacus oleod exerce ses ravages, un seul 
olivier dans nos vergers, une seule olive sur nos 
arbres, qui ne devienne la p4ture de cet insecle 
malfaisant. II y a m も me quelquefois, dans une 
seule olive, trois, quatre et jusqu'i cinq de ces 
mineurs invisibles, qui creusent* de longues et 
sinueuses galeries, d^chirent les tissus cellulaires 
qui composent la poulpe de ce fruit pr^cieux, 
et d^truisent ainsi la r^colte au moment oil elle 
va さ Ire faite. Le propri^taire et le fermier s'em- 
pressent alors de cueillir les olives mAres ou 
non mAres, peu leur importe. lis se Mtent de 
disputer aux vers la proie que ceux-ci d^vorent 
avec une effrayante rapidity, et ils s'estinient 
tr も s heureux de pouvoir, au prix d,un travail 
forc6, sauver une petite quantity d'huile rou- 
ge&tre, ^paisse, naus^abonde, que le commerce 
a beaucoup de peihe k accepter sous le nom et 
au prix des huiles lampantes. Li §e trouvent en 
suspension les d^tis putrides de l,olWe fouill^e 
aans tous les sens et presque pourrie, et les 
matiferes animales provenant des larves et des 
chrysalides qui n'ont pas eu. le temps ou la 



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- 15 一 

faculte de soriir du fruit, et qui ont さ t も broy^es 
par la meule. 

Tel est le fl^u qu'il sagit de comtattre, non 
par des moyens individuels toujours coAteux dans 
rapplication et ordinairement impuissants, mais 
par une mesure g6n6rale convenue simultan^ment 
entre les deux gouvernements de France et de 
Sardaigne; dans l,int も r も t des deux pays. Nous 
connaissons maintenant la fatale mouche ; il nous 
reste k parler de ses voyages, et k dormer la raison 
de son apparition p^riodique et biennale en Pro- 
vence , depuis 1828. L'^tude de cette seconde 
question nous indiquera Vunique moyen de sus- 
pendre et m さ me de faire complfetement cesser ses 
ravages. 

II. 

Piri^natioiis et mages de la 霞 。重 Che, 

Pendant le rigoureux hiver de rann^e 1819, 
des gel^es fortes et persistantes firent mourir 
presque tous les oliviers de la Provence et une 
trfes grande partie de ceux de la riviere de G も nes 
et du reste de lltalie. 11 fallut , pour repeupler 
nos vergers, recourir au remfede ^nergique dont 
Vexp^rience a toujours constat さ Vefficacit さ, et 
qui consiste k couper le pied de Varbre quelques 
centimfetres au-dessous du niveau du sol. A la 



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suite de cette op も ration, que j'appellerais volon- 
tiers c^sarienne , puisqu'elle sacrifie I'arbre lui- 
m も me pour assurer la vie des rejetons que la 
mine produit en abondance, les r^coltes furent 
nulles ou insignifiantes pendant six ou sept ans. 
Ce ne fut qu'en 1827, que ces rejetons, devenus 
adultes, se mirent presque tous simultan^ment 
en production. La recolte fut si abondante que 
les bonnes huiles en Provence ne se vendaient 
qu'un franc le kilogramme , ce qu'on n,a plus 
vu depuis lors, et ce qu'on ne verra sans doute 
plus, m^me en tenant compte, dans la compa- 
rison des prix, de la depreciation toujours 
croissante de Fargent et du rencWrissement des 
denr^es. Cette recolte merveilleuse prolongea la 
cueiUette au-delii du terme ordinaire. Faute de 
bras pour ramasser les olives, faute d'usines pour 
les d も triter, les fruits de 4827 ^taient encore sur 
les arbres au mois de 細 let 1828, et les olives 
de lanouvelle aim さ e se trouv^rent pendant quel - 
que temps plac^es k c6t さ des olives noires et 
fl さ tries de rann^e pr も cMente. 

Les arbres, 6puis6s par cet effort vigoureux, 
durent ^tre , presque partout, taill^s d,une ma- 
ni も re 6nergique ; et c est k partir de cette ^poque 
de f6condit6 excessive que lltalie prit Vhabitude 
fatale de tailler tous les oimers la m さ me aim も e. 
Au lieu d,un am^nagement rationel, qui consiste 
h partager les vergers en deux parties, pour n,en 



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- 17 - 



tailler chaque ann^e que la moiti も、 et pour 
assurer une balance constante de r^coltes k pen 
prfes お ales, nos voisins, c^ant aux n^essit^s 
pr^sentes sans se pr^occuper des int^r^ts de 
Vavenir, eontinu^rent k tailler tous leurs oliviers 
la mSme dnn^e, et rendirent ainsi p^riodique 
la succession biennale des grandes et des petites 
r^oltes. 

Mais quel ne fut pas I'effiroi de nos propn^ 
taires et de nos cultivateurs, quand ils virent, 
en 1828, la mouche envanir les vergers de la 
Provence, se r^pandre partout en legions irniom - 
bfables , et d^truire complfetement la r^colte \ 
Get insecte n'^tait pas nouveau sans daute ; il 
^teiit connu des anciens ; Olivier de Serres en 
parte dans son ThMtre d' agriculture, et les agro- 
nomes provengaux des demiers sifecles Volit Aiml 
avec une exactitude remarquable. Mais tandis 
qu'ils ne lui donnent que le troisieme on le qua - 
trifeme rang dalis V^chelle des toimaux nuisibles 
k Volivier, nous constatons avec douleur qtie le 
dacm k lui seul fait plus de ravages que le^ 
fourmis, les araign さ es, les trois chenilles adonide, 
mineuse et arpenteuse, et tous les autres eime* 
mis qui attaquent Farbre dans ses racines, dans 
son tronc, dans s6s branches, dans son feuUJage 
et dans son fruit. 

C'^tait done un fl^au connu deji, mais tout 
k fait nouveau par Vintensit^ du mal, qui も tait 



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―. 18 ― 

Yenu, dans cette lalale aim も e 1828, aftaauer ces 
arbres pr^cieux, dont un auteur italien a dit avec 
reison qu,ils sont des mines d'or que Dieu a 
plac^es dans certains pays sur la surface de la 
terre. On put croire un moment que le mal n ,も tait 
qu'accidentel, et qu'il fallait Vattribuer k 1, さ pui- 
sement de Varbre , souffrant de la production 
excessive de rann^e pr さ c も dente. La recolte de 
1 829, respects par la terrible mouche, augmenta 
la confiance, et nous commencions k respirer , 
lorsqu'en 1830, le fl^au ^clata de nouveau avec 
non moins d'intensit6 qu,en 1828, et k partir de 
cette も poque, il est devenu p さ riodique. Les ann^es 
qui se terminent par un chiffre pair ont recu le 
nom lugubre d,aim さ e du ver. Chacun pr^voit le 
mal k ravance, et dans les manages bien r^gl^s, 
on ne manque pas de faire pour deux ans une 
bonne provision de Fhuile r さ colt も e pendant les 
ann6es impaires. 

Une observation constante , pendant une 
node de trente-deux ans, a permis d'^tablir 
comme un fait certain que les ann^es impaires 
sont des anuses de grande recolte , en Corse , 
dans la rivifere de G も nes et dans tout le reste 
de ritalie ; et que les ann さ es paires sont au con - 
traire pour nous des armies qui ne nous donnent 
que Vesp^rance des fleurs sans nous apporter 
V le produit r も mun さ rateur des fruits. La mouche, 

jadis presque inoffensive, vient r も guli も rement; 



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一 19 一 

k heure fixe, prelever dans nos vergers les troi& 
cinquifemes de notre recolte. II n,est pas besoin 
de s'appeler Chalcas ou Nostradamus pour pr^ 
dire d'une manifere certaine que nous aurons cette 
ann^e-ci, en 1860, k payer le terrible tribut. 
Cependant, les fortes gel さ es de la fin de d^cem- 
bre 1859, ay ant gd^ les olives sur les arbres , 
la cueillette se fera \m peu plus vlte, et le mal, 
pour nous, sera probablement moindre qu'eu 
1858. 

Si done il est d^montr^ que le ver n,a com- 
mence k exercer ses ravages dans des proportions 
effirayantes qu,eji 4828, h la suite de la grande 
r^olte de 1827; que les ouviers sont presque 
toujours tallies en Italie dans les ann^s paires, 
et que cette habitude nuisible ne date que de 
rann6e 1828, pour les raisons exposees ci-dessus ; 
que nous ayons r^guliferement le ver dans les 
ann^es qui suivent les ann^es de production chez 
nos voisins d'au-dela des Alpes : si dun autre 
c6ii il est bien ^tabli, par l,obsemtion des en, 
tomologues et des agronomes les plus distingu^s, 
que la mouche hiverne k 1, も tat d'oeuf ou de 
chrysalide dans les olives qui restent pendantes 
sur les arbres jusqu'au moment oti le retour de 
la helle saiscm fait monter le thermomfetre k me 
temperature constante de quinze k vingt degr^s, 
ne nous sera4-il pas permis d,en tirer cette in- 
duction, qu'il faut chercher la cause de I'intensilQ 



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一 20 — 

et de la periodicity du fl^au dans les retardements 
que , pour des causes diver ses, la cueillette des 
olives eprouve dans rarrondissement de .Grasse, 
en Italie et en Corse ? 

Mais nous avons k dormer des preuves encore 
plus positives, et qui さ claireront d'un jour nou — 
veau cette question 、si int さ ressante pour notre 
pays. Ces preuves abondent, et nous n,avons , 
pour ainsi dire , que Vembarras du choix. 

S,il est un adage certain, cest que rexception 
confirme la rfegle , en faisant ressortir et en 
mettant en saillie la connexion de la cause et de 
reffet. Or, dans la p^riode des ann も es paires qui 
se sont さ coulees depuis 1828, il en est une , 
c,est Vannee 1854, pendant laquelle les olives 
restferent intactes, les mouches ne s ,さ tant mon- 
tr^es qu'en petit nombre , et ayant さ t も, pour 
ainsi dire, inoflfensives. Quelle さ tait la cause de 
cette heureuse exception , qui nous consola un 
peu au milieu du deuil caus6 par un fl^au bien 
autrement redoutable , le cholera? Cette cause, 
on peut d^ji la pressentir d'aprfes ce que nous 
avons expos も jusqu ici. La r^colte de 1853 avait 
も t も presque nulle dans tous les pays de pro- 
duction de ritalie. Cette recolte a et^ chez nos 
voisms, dans la p も riode trentenaire k laquelle 
se referent nos observations, la plus petite des 
grandes r^coltes. Les olives 6taient entiferement 
cueillies et d^trit^es au commencement de mars. 



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一 i\ 一 



Ayssi en fevner 1854, M. Castillon, qui nous a 
fourni sur la matifere que nous traitons des 
renseignements pr6cieux , recommandait k ses 
^mondjBurs de couper trfes peu de bois k ses 
oliviers, afm de profiter de cette r^colte excep- 
tionnelle. Bien plus , dfes les premiers mois de 
I'ann^e , il さ crivait au President de la soci4t6 
dagriculture du d^partement des Bouches-du- 
Rh6ne, une lettre, qui doit 6tre aux archives de 
cette soci も t 夂 et dans laquelle il annoncait que 
les olives n'auraient pas le ver. M. Castillon n,a 
aucune pretention au nom de proph さ te ; mais 
son esprit logiqae tirait cette conclusion toute 
simple que pour cette ann^e la cause n'existant 
pas, Veflfet devait ^galement disparaitre. En effet, 
r^Wfenement vint juslifier la prediction. 

La mouche nous arrive done de Fltalie ; le 
foyer d'infection pour les oliviers de la Provence 
se trouve dans la rivifere de G^nes, et un peu 
aussi, nous devons le reconnaitre, dans rarron- 
dissement de Grasse, oti la cueillette des olives 
se fait tard et avec une deplorable lenteur. Des 
observations 腿 Itipli さ es nous ont permis de 
suivre pas k pas les peregrinations el les Stapes 
de Finsecte voyageur. Nous allons entrer dans 
quelques details, qui ne manquent pas d,int さ r さ t, 
et qui viennent k I'appui de notre th も se. Nous 
allons dire comment les choses vont se passer 
cette annee-ci , car en pr^sentant le tableau de 



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一 22 了 

Favenir, nous ferons (^galement connaitre I'his- 
toire du pass^. 

•L,ann6e 1859 a 6t6 pour Vltalie l,anp も e de 
la grande r^colte. Les olives sont encore main- 
tenant, au milieu du mois de janvier, pendantes^ 
sur les arbres, dans la proportion des trois quarts 
au moins. La cueillette se fait lentement , non 
seulement parce que les proprietaires sont dans* 
la fausse id さ e que la quantity de ITiuile aug- 
raente k la suite des pluies qui tombent avant 
ou pendant 1, さ quinoxe de mars, mais aussi parce 
que les usines manquen" et qti'il est de r も gle, 
en Italie, qu,on ne doit cueillir les olives qu'aprfe& 
avoir pris jour au moulin pour les d^triter. Le& 
nouvelles que nous avons recues dltalie nous 
permettent d'affinner que la r^colte ne sera 
terminee que vers le milieu du mois ae juin. Les 
oeufs d^pos^s dans les olives pendantes et les 
chrysalides qui attendent le retour de la belle 
saison, seront parvenus k 1 ,さ tat d'insecte parfait 
au commencement du mois de mai. Tant que 
les mouches trouveront dans le pays m さ me assez 
d'olives mAres pour y d^poser leurs oeufs , et 
travailler, selon la loi de la nature, k continuer 
leur espfece, elles ne se d^placeront pas, car pour 
rinsecte comme pour rhomme, ubi bene ibi pa- 
tria. Mais lorsque les olives commenceront h 
devenir rares , et que la gaule dont on se sert 
pour les faire tomber de Tarbre aura compromis 



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— 23 — 

Favenir de la r^colte prochaine , en detachant, 
avec les fruits anciens, les pousses nouvelles et 
les grappes des fleurs , alors , ob さ issant k un 
instinct naturel de conservation, la mouche pren- 
dra son essor vers un pavs qui lui offrira, dans 
des olives vertes encore, mais d^j^ fornixes, une 
pAture suffisante pour sa jeune famille. Si le 
temps est calme et beau , la mouche voyagera 
lentement. Parcourant les Stapes d'Antibes , de 
Cannes, de Fr^jus, de Toulon et d'Aix, elle arrive 
en dernier lieu k Salon , Mourifes et Maussane , 
aprfes quoi elle n,a plus qu'i franchir le Rhdne 
pour p^n^trer dans le Languedoc. Trois semaines 
k peu prfes lui suffisent pour aller du Var au 
Rhdne. 

Lorsque pendant les mois de mai et de juin, 
le vent du sud-est souffle avec violence, des le- 
gions entiferes de mouches, port^es sur ses ailes 
puissantes, arrivent non plus en quelques jours, 
mais en quelques heures, et la destruction de 
nos r^oltes est ,d,autant plus rapide , que la 
temperature, sous rinfluence de ce vent bnilant, 
est plus favorable h 1 ,も closion des oeufs, et abrfege 
considerablement le temps que I'insecte met k 
accomplir ses diverses metamorphoses. II arrive 
aussi quelquefois que la mouche apparait simul- 
tan^ent aux Martigues et k Antibes. Nous avons 
vQulu rechercher la cause de ce fait singulier , 
qui semble tout d'abord en eontradiction avec 



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ce que nous veuons de dire. Nous nous somraes 
assart, par des renseignements fournis par des 
t^moins ociilaires, qu'au moment de la dispersion 
des mouches dans la riviere de G^nes, un assez 
grand nombre va se placer sur les cordages et 
sur le pont des petits bateaux qui font un ser- 
vice de cabotage entre les cotes dltalie et le port 
de Bouc. La mouche, ainsi que nous le dirons 
pjus tard, ne se ilourrit pas de r olive une fois 
qu'elle est parvenue k letat d'insecte parfait. 
Elle recherche alors, comme tous ses congenferes, 
les matiferes gluantes et sucr も es, et si elle s,em - 
barque, c,est qu'elle est attir^e par le goudron 
des cordiiges et du bordage, et souvent aussi par 
les marchandises arrim^es sur le pont, ou piacees 
en vrague k fond de cale. Quand le bateau est 
arriv^ au port, la mouche debarque , et elle 
choisit aussitot les olives les plus avanc^es et les 
endroits les plus abrites contre le vent, pour y 
etablir de nouvelles et Actives colonies. 

II est si vrai que le dacus ohm est un insecte 
voyageur, et non indigene comme celui qui atta- 
que les cerises par exemple, que dans les lieux 
oil la nature du sol arr^te ses peregrinations par 
des obstacles quelle ne pent franchir, les olives 
restent saines , m さ me dans les aim も es du ver. 
Les vergers places au nord du mont Ventoux 
sont rarement visit も s par la mouche. Bien plus, 
les rares oasis plac^es dans la Crau sont iTabri 



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二 ま s — 

de ses ravages. Get insecte , faible et frileux, 
n'aime pas k sojourner dans un pays oil la bise 
et le mistral rfegnent presque toujours ; il craint 
aussi de s'aventurer dans cette plaine grisAtre de 
la Crau , si justement appel さ e par les anciens 
Campi Lapidei. Remarquons d'ailleurs que la 
mouche de Foiivier ne s'^loigne pas de plus de 
vingt-cinq lieues des cotes de la mer. 

Sans doute les mouches qui devastent nos ver- 
gers ne viennent pas toutes dltalie. Quelques 
larves vont se cacher dans la terre mi moment oil 
Ton cueille les olives, et si elles trouvent une po- 
sition commode, elles s'enveloppent de leur vdte- 
ment soyeux , pour attendre le jour oti elles 
pourront deployer au grand soleil leurs ailes dia- 
pr^es. Mais le nombre en est trfes petit, et le dom - 
mage qu'elles causent ne devient appreciable que 
lorsque des chaleurs exceptionnelles, le manque 
de pluie et le silence du vent concourent pour aug- 
menterleur ardeur prolifique et pour rendre plus 
court le temps des metamorphoses successives de 
rinsecte. II n'est pas rare de voir quelques mou- 
ches sur les oliviers dans les ana^es impaires ; 
mais le fl も au est, pour ainsi dire, sporadiaue. 
Un jour de mistral , une forte averse suflBsent 
pour Varr^ter. C,est ce qui est arriv6 l,ann6e der- 
nifere. Les premiers jours d'octobre ont amene 
de fortes chaleurs et quelques mouches. On se 
disait avec effiroi : Le ver est k rolive. Mais un 



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一 26 — 

abaissement subit de temperature a fait dispa- 
raltre nos craintes , et la r^colte de la bonne 
aim さ e , de rannee impaire , nous est arriv^e 
intacte. 

Nous croyons avoir d^montr^ dune manitjre 
suffisante que les mouches provenant des ceufs 
et des chrysalides qui out hivern6 en Provence, 
ne sont pas assez nombreuses pour causer ii nos 
vergers un dommage notable , et que c'est en 
Italie seulement que le funeste insecte trouve ses 
quartiers d'hiver et toutes les conditions favo- 
rables i la multiplication rapide de son esp^e. 
Nous avons dit k quelle さ poque et sous quelles 
condilions il envahit notre province , aussi ter- 
rible dans ses ravages que les bandes de lans- 
quenets qui marchaient k la suite de Chariest- 
Quint. II nous teste maintenant k indiquer le 
seul moyen que nous croyons efficace pour 
arr^tet le mal et pr^venir de nouveaux malheurs. 



、 III. 

Koyeits de se ddivrer de la 霞 ouclte de rob>ier. 

il est certain que si dans les pays de produc- 
tion qui atoisment la Provence, les olives etaient 
partout, comme chez nous, entiferement cueillies 



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一 f7 — 

et (fetrit さ es au commencement ou du moins a la 
fin de mars, les mouches qui d^solent nos ver- 
gers seraient d^truites dans leur germe, ou 6cra- 
s6es dans leur de chrysalide. Cette population 
effrayante, que les premieres chaleiirs appellent 
k la vie et k la kuoai^e, se rMuirdt imm^dia- 
temeni k quelques rares mdivkUis auxquels les 
olives oubli^es sur les arbres ou une obscure 
retraite au sein de la terre aurait fourni un asile 
contrele massacre general dela meule. Cetinsecte 
ne serait pas alors plus nuisible que les autres 
parasites de rouvier, et la r^colte de ce fruit pr^ 
cieux rentrerait dans ses anciennes conditions. 

Le veritable int^^t dos particuliers devrait suf- 
fire pour conseiller et ameoer cette rdforme. Des 
agronomes ^lair^s out vu la cause du mal ^ 
couvert le seul remMe k employer.Mais ici, comme 
partout, les efforts mdmdnels 魏 t iMfwiUsaats, 
et n'est que par une mesijtfe d'easetiAte qu'on 
piBUt agir d'une mamfere efftcteie. Une loi d^cr^t^e 
simultan^flftent en France et en Sardaigne, devrait 
f^gier et diriger les volont^s ^parses, et &tet le 
commencement du 動 is d'avril pour la cldture 
de la r^colte des olives. Certes, nous n'aimons 
pas k voir le gouvernement intmenir en tout et 
tout r^glementer. Mais en matifere de police き 
rd!e, et quand il s'agit d'un si grave int^rdt, la 
loi doit prot^ger le bott votiloir des き s, stimulfer 
la paresse des autres et frawiller pour ravantag^ 



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一 26 — 

commun , satis ecouter les reclamations de la 
routine. C,est en vertu de ce principe qu,ont 
6tablis les lois et r^glements relatifs k r^che- 
nillage, et aux mesures sanitaires k prendre en 
temps d'^pizootie. 

Le moment serait opportun pour obtenir le 
concours de la Sardaigne. Unis par la politique 
et par la gloire, les deux peuples n'auraient an* 
cune peine k suivre en commun les conseils de 
la prudence , pour repousser au-deli des fron- 
tiferes et an^antir m さ me rennemi de rohvier. La 
convention internationale k intervenir ne serait 
pas plus vexatoire que les bans des vendanges 
qui se publient chaque aim さ e dans certains pays, 
et les avantages eri seraient beaucoup plus consi- 
derables. 

Le premier de tous serait de r^tablir I'usage 
ancien , malheureusement abandonn^ depuis 
1828, qui consistait k ne tailler chaque aim さ e 
que la moiti さ des ouviers. La n さ cessit さ de ter- 
miner la cueillette avant le mois d'avril forcerait 
les propri^taires k r も partir en deux ann^es les 
travaux qu'ils font maintenant en une seule. Dfes 
lors, ces travaux se feraient dans de meilleures 
conditions ; les r さ coltes seraient k pen prfes tou - 
jours さ gales, et le prix des huiles ne serait plus 
sujef k ces brusques variations si favorables aux 
jeux de bourse. L'^monaage des arbres produi- 



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一 29 — 



rait chaque annee la m さ me quanlite de pAture, 
et permettrait d ,お ever chaque aim さ e le m も me 
nombre de chfevres ou de b^tes k laine. Les en- 
grais et surtout les tourteaux qui rendent Voiivier 
si vigoureux et si f^cond, ne se vendraient pas k 
des prix exorbitant rann^e de la taille des arbres, 
qui est aussi celle oil on les fume. On ne verrait 
plus enfin le salaire des ouvriers s さ lever, dans les 
annees de grande presse, k un taux qui nest plus 
en proportion avec les revenus du sol, et quel- 
quefois les bras manquer d,une manifere absolue 
pour les travaux les plus n^cessaires. 

Les Italiens trouveraient dans ce systfeme un 
avantage particulier. La recolte de la grande 
ann^e se fait chez eux d'une manifere funeste 
pour rami さ e suivante. lis frappent les branches 
ae Varbre avec uu roseau pour en detacher les 
olives. Mais dans les mois de mai et de juin, 
les fruits de rannee pr^c^dente se trouvent en- 
core sur les arbres en m も me temps que les fleurs 
et les jeunes olives de la recolte nouvelle. Le 
roseau, moins intelligent que la main, frappe en 
ayeugle , secoue les fleurs an moment oil dies 
Yont se nouer , et meurtrit les drupes encore 
tendres et sensibles. Les branches elles-m^mes 
souffrent beaucoup de ses blessures violentes. 
L'arbre devient triste , et semble ne conserver 
quelques olives que dans Fint^r^t de la mouche, 
qui s'y jette avec avidity et les devore d'une ma- 



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- 30 - 

ni^re si complete, qu'on neglige quelquefois de 
les cueillir. 

Tous ces d^sordres cesseraient si, au lieu de 
viser k ime r^colte biennale excessive , nos 
voisins, par une cultare plus intelligente, r^gula- 
risaient la production et diyisaient le travail en 
deux anuses, au lieu de le reporter tout entier 
sur une seule. Le produit serait certainement plus 
grand, par cela seul , quen ne faisant plus ce 
qu'on appelle aujourd'hui la grande r も colte, on 
ne d^truirait pas dans son germe la r^colte sui - 
vante. L'usage de la cueillette k la main s intro- 
auirait peu k pen, du moins pour les branches 
ba^es , et pour celles qu'on peut atteindre au 
moyen du chevalet ; la gaule fatale bomeraitses 
ravages aux branches les plus elev^es. C,est k ce 
mode de cueillette que Fhuile d,Aix, c'est-^i-dire 
rfajiaile ximlUe dans tout le d^partement des 
Bouche^u-Rhdne , doit $a saveur et sa bonne 
renomca^e. L,olive cueilUe et tri^e k la main 
arrive fl4trie, il est vrai , 醒 is saine et entifere 
sous la meule, tandis que Mive gaul^e n'y arrive 
q«e meurlrie et gdt^ dans la partie qui a recu 
le coup (HI la blessure. 

Le syst^me vicieux que nous reprochons k 1109 
YOisms ooQuxteace malheureusemeut k s'intro- 
imre f^anni nous. La periodicity du fl^au a 46- 
tearteb^ la pliipartde nos pfopri^taires k reporter 
toute la production sur rann^e impaire, etiiiaire 



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一 M 一 

sauter , comme on le dit , I'ann^e du ver. Les 
inconv^nients dont on se plaint en Italie existent 
en ProYence. Une annte sur deux les bras man, 
quent pour d^pouiller I'olivier de son fruit ; les 
usines sont insuffisantes pour la fabrication de 
rhmle ; les olives s^journent trop longtemps au 
moulin, et, faute d'etre d^trit^es k temps, elles 
donnent un produit moins parfait. L'antique re- 
nomm^e de nos huiles commence k d^cliner, et 
sous le pr^texte de leur enlever le goAt du fruit 
qui n'est pas en faveur dans le Nord , on leur 
fait perdre leurs qualit^s les plus essentielles. 

\oi\k les tristes r^sultats auxquels nous som- 
mes arrives pour avoir abandonn^ la bonne et 
sage pratique de nos p^res. Un simple accident, 
la mortality des oliviers , en 1819, a cM le mal ; 
une fausse pr^voyance , la crainte du ver , l,a 
maintenu et d^velopp^ ; la routine le rendra peutr 
6tre d^finitif. Nous appelons done de tons nos 
voeux Fappui de la legislation, et le concert des 
deux gouvemements de France et de Sardaigne 
pour appliquer le remade, quand il en est temps 
encore, et pour faire dominer Fint^r^t g^n^ral sur 
les volont^s aveugles et les habitudes mauvaim 
des particuliers. Chez nous, les propri^taires qui 
negligent d ,さ cheniller les pruniers on les pins» 
sont passibles d'une amende, parce qu'il n'est 
pas juste que tons souffrent du mauvais vouloir 
ou de la negligence d'un seuL Pourquoi ne pas 



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- 32 一 

^ppliauer k des pays nmitrophes ces priiifcipes 
de sage police qu'on applique k des heritages 
YOisms, surtout quand les deux peuples y ont un 
int^r^t ptessant et commun. 

La mesure que nous soliicitons de la sagesse 
des deux gouvernements sera d'ailleurs d,une 
application facile. Dans tout le d^partemeut des 
Bouches-du-Rh6ne et dans une grande partie de 
celui du Var, la r さ colte, mdme dans les meilleures 
ann^es, est termin^e au commencement de Jan- 
vier. Nous demandons k nos voisins de ne pas 
la prolonger au - deli du mois de mars. En 
る change d,im peu de bonne volont も, nous leur 
promettons notre vive reconnaissance et des 
n^fices considerables dans un avenirprochain, et 
pour ainsi dire present. D'ailleurs, une sage cul- 
ture de rolivier int^resse 1 ,も conomie rurale en 
g^n^ral. En agronomie comme en politique , 
toutes les parties sont solidaires ; un rouage vi - 
cieux arr6te ou du moins fait varier le jeu re- 
gulier de la machine. 

On pourrait ici nous laire une objection. En 
precipitant la cueillette des olives, il pourrait se 
faire que le nombre des usines devint insuffisant 
pour les d^triter, et il n'est gufere probable qu,il 
s'en も tablisse de nouvelles. En effet, les moulins 
exigent des locaux spacieux et un outillage consi- 
derable. Les capitaux repr^sentant la valeur de 
r^difice, le prix et I'usure des engine produit un. 



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inler^t mediocre , attendu que les moulins ne 
Iravaillent et ne sont ouverts qu'une petite partie 
de rann^e. On ne peut done pas esperer que le 
nombre des usines augmente dans une propor- 
tion suffisante pour la quantite d'olives k d^triter. 
On tomberait ainsi d,un inconvenient dans un 
autre tout aussi grave. 

Voili robjection ; voici la reponse. II y aurait 
sans doule de la g6ne dans les deux premiferes 
ann^es, tant qu'on n'aurait pas r^tabli 1 ,さ quilibre 
entre les r さ coltes successives. Mais la balance une 
fois faite, et la taille des oliviers r さ partie en deux 
ann^es, 】a quantity des olives ne s'^lfeverait plus 
k ces proportions excessives ofi elle arrive main- 
tenant Vann^e de la grande r(5colte. Les moulins 
resteraient r^guliferement ouverts trois ou quatre 
mois chaque ann^e, an lieu de rester k peu pr6s 
ferm^s pendant un an, sauf k travaiUer pendant 
six mois Vann^e suivante. Les revenus seraient 
done absolument les m6mes , en prenant la 
moyenne de deux campagnes. L'huile serait 
mieux fabriqu^e , et le produit de Fannie qui 
est sterile dans les conditions actuelles, compen- 
serait et au-del^i le dechet que suDirait Tann^ 
d'abondance. 

Nous pouvons esperer d'ailleurs que les machi- 
nes さ otnbes se perfectionneront avec le temps. 

Si jamais le propri^taire parvient k d^tritw 
lui-m^me ses olives au moyen d'une machine 



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一 34 — 

pteu dispendieuse et d'une application facile, tous 
les embarras di^paraitrout awssitdt, et nos huiles 
reprmdront cette quality sup^rieure qui la fait 
rechercher des gqurmets. Quand le producteur 
pourra lui-m^tae vendre directement ses gri - 
gnons aux mpulins de recense, il y trouvera im 
profit considerable, et son propre int^r^t I'amfe- 
nera sans contrainte k une culture plus ration- 
nelle. Ces esp さ ranees exciterontrardeur de quel- 
ques constructeurs ing^nieux, d'antant plus que 
h succfes d,mie bonne machine fl^otribe serait 
une fortune assur^e. 

Nous terminerons ces considerations par la 
refutation d'une erreur g さ n も ralement accreditee 
dans nos campagnes. Quelques personnes croient 
que la mouche vient surtout de la putrefaction 
des r^sidus que les moulins de recense laissent 
entasses dans leur vomn 零, a 撃 t de les con - 
vertrr m mottes. Pour も taWir la fausset も cette 
opimoji, nous aliens passer la parole k M, Gimon, 
ancien notaire, suppliant du juge de paix h Salon, 
qui a fait k ce snjet des experiences d^cisives , 
6t qui nous a remis la note suivanfe. II est im- 
possible d'eip^rimenter avec plus de sagacity et 
plus d'intelligence que ne Fa fait Vhonorable 
magistrat : 

« C'est une opinion trfes accredit さ e chez nous, 
surtout parmi les cultivateurs , que les marcs 
d'olives des recenses, exposees k Fair 、et k Vhu- 



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一 35 — 

midit^, au moment des chaleurs, donnent nais- 
sauce aux mouch^s qui piquent les olives. De \k 
des rancunes centre les moulins de recense. 

« J ai experiments sur des grignons de 1857 
et de 1858. J,ai obtenu des mouches dipt も res, 
mais plus petites et plus replfetes que celles des 
olives. CTest une espfece toute diflKrente sous les 
trois さ tats de ver, de chrysalide et d'insecte. Le 
ver du grignon est plus mince, Quand on le 
regarde au microscope , on lui voit des appen- 
dices de pattes, que le ver de l,olive n'a pas. II 
a en outre, k Vextr^mit^ du corps, une corne 
saillante ou queue relev^e. La coque est plus 
pointue et plus allong^e que celle de la chrysa- 
lide de rolive. La mouche est plus ramass^e et 
moins svelte que le dacus ohm ; elle est plus 
rousse, et a les anneaux du ventre ray^s alter - 
nativement les uns de jaune, les autres de noir. 
Ses mies sont comparativement pliis longues, et 
lorsqu'elle est en repos ou qu'elle marche, elle 
les tient allong さ es sur son corps, qu'elles d ゆ as- 
sent k peu pr も s d,im tiers, tandis que la mouche 
de rolive tient ses ailes presque toujours en 
agitation. En un mot, la mouche du grignon, 
quoique un peu plus grosse que la mouche du 
marc de raism, peut も tre consid^r^e comme la 
m さ me que cette dernifere, taut elles out de res- 
semblance entr'elles. 

« Au mois d,aoAt dernier (1859), j,ai fait nai- 



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一 36 — 

tre plus de cent mouches de grignons dans un 
garde-manger, oil j,avais plac6 un vase plein de 
marc en fermentation , au milieu duquel pullu- 
laient des vers, ainsi que des chrysalides, dont 
la plus grande partie さ tait adh さ rente aux parois 
du vase, au-dessus de la bourbe des grignons. 
J,ai eu la patience d'introduire dans le garde- 
manger, et d'y renouveler, de douze en douze 
jours , des rameaux charges d'olives saines , et 
dont les tiges trempaient dans un pat rempli 
deau fraiche. J'ai continue I'exp さ rienee depuis 
】a mi-aoAt jusqu'ii la fin de septembre. J,ai 
remarqu^ que ces mouches ne piquaient pas les 
olives, et qu'elles s'arr^taient de pr も f^rence sur 
des figues et des grains de raisin que j'avais 
jet^s dans le garde-manger. Deux olives seule- 
ment se sont trouv6es v さ reuses ; mais*^ elles de- 
vaient も tre d さ ji piqu^es, lorsque j'avais introduit 
aans le garde-manger le rameau qui les portait ; 
car les vers qu'elles renfennaient も taient de m も me 
forme que ceux des olives des champs, et tout k 
fait (liferents aes vers des grignons.' 

« D,apr も s ces experiences , je pense que la 
decomposition des grignons ne produit pas le 
ver de l,olive. Au reste les ecrits des vieux 
auteurs nous prouvent qu'il y a d も ji plus de 
cent-ans que le ver de rolive excite les alarmes 
des cultivateurs , et cependant les moulins de 
license n'existaient pas encore. 



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一 37 — 



« Je ne crois pas qu'il soit possible d'empd- 
cher le ver de ronger Foliva, une fois que la 
mouche I'a introduit dans le fruit. Mais il ne 
serait pas impossible d,emp も cher les mouches , 
du moins en grande partie, de piquer les olives, 
en les attirant vers un aliment de predilection, 
auquel serait m6l6 un toxique. En ^tudiant Fhis- 
toire naturelle des insectes , et la manifere de 
vivre des mouches en g^n^ral et de la mouche 
de rolive en particulier, j,ai observe que les 
insectes , comme la plupart des animaux , lors- 
qu'ils sont arrives k leur さ tat parfait , ne se 
nourrissent plus des mfimes aliments qui ser- 
vent k les d^velopper, lorsqu'ils sont it T も tat de 
larves ou d'embryons. Leurs goiits, comme leurs 
erganes , changent du tout au tout ; ils ont 
mfime de raversion pour la nourriture de leur 
premifere enfance. Ainsi les mouches, qui k F^tat 
de ver se nourrissaient de la chair des pommes 
et des poires き pres, ont de la repugnance pour 
Faigreur et pour VApret^. De m も me ramertume 
de Folive r^pugne aux mouches dont les larres 
se nourrissent de la chair de ce fruit. Que de 
sagesse dans les oeuvres du Cr^ateur ! Sa pro- 
vidence ne veut pas que les forts d^vorent la 
pAture des petits et des faibles. Le miel et les 
matiferes sucr^es ont au contraire un attrait par- 
ticulier pour toutes les mouches. Ce goiit de la 
mouche pour les matiferes sucrees, et son hor - 



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一 38 

reur pour les amferes, sont tellement instinctifs, 
tellement dans Vordre de la nature, qu'ils ont 
donn も lieu au vieux proverbe : On prend plust 
de mouches avec du miel qu'avec du fiel. 

« C,est en consid も rant ces lois immuables de 
la nature que j'ai imaging un proc6d6 trfes sim- 
ple et peu couteux pour la destruction de la 
mouche qui pique les olives. Cette mouche , k 
rinstar des autres esp も cei^ de mouches , tirant 
sa subsistence des fleurs , des fruits mArs, des 
matiferes en decomposition dont elle extrait 1^ 
partie sucr^e, et le miel, le 3uore et la m^lasse 
も tant une nourriture d^ji toute pr^paree, qui a 
la propri^t^ de rattirer, je propose de lui en 
offrir dans les vergers qu'elle fr^quente, en 
lant k ce miel un toxique qui la fasse mourir. 

« Voici quelques experiences que j,ai faites 
dans le courant d'octobre 4ernier (4859), J,ai 
retire d,olives vereuses un certain nombre de 
chrysalides ; j'en ai fait trois parts, et les ai intrcH 
duites dans trois verres differents, que j'ai en- 
suite reconverts d,une toile en canevas. En expo- 
sant mes trois verres k une temperature un peu 
chaude, j,ai fait naitre, dans chacun,. des moib- 
ches que j,ai trait^es de la 歸 ni も re suivante : 

Sur la toile du verre 1 , j'ai d^pojs^ quel- 
ques gouttes de miel ; 

Sur la toile du verre !!。 % , j,ai exprim ふ le 
jus d,une olive ; 



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- 39 — 

Et sur la toile du verre n。 3 , j,ai vers も deux 
gouttes de miel, melange avec du cobalt en 
poudre. 

Chacune de ces substances ii,a mise que 
sur \m point de la toile, m bord du venre. 

U en est results que le$ mouches du n。 1 se 
sont approch^es du miel et en ont sue さ avec 
avidity. 、 

Celles du n。 2! n'ont pas touchy au jus d,olive, 
et sont mortes de laim , le ventre dess も ch も, six 
jours apr^s leur naissance, tandis que les mou- 
ches n。 1 , auxquelles je donnais du miel tons 
les deux jours, ont v^cu depijiis le vingt octobre 
jusqu'au vingt-cinq novembre, cest k dire trente 
seDt jours. Peut-^tre auraient-elles v6cu plus 
longtemps, si je leur avais fourni une tempera- 
ture chaude, 

Eoiin les mouches du 11。 3 se sont approch^s 
du eobalt emmielle, en ont mang6, et sont toutes 
mortes, les imes le mSme joiir, les autres le 
lendemain. 

Dans ce moment, je r^pfete les m6mes exp6- 
rienees. 

Le samedi, yingt-six novembre, j'ai plao6 dans 
des verres des chrysalides dont le froid avait 
retard さ la naissance^ D も s le lendemain, les mou- 
ches ont commence de nailre, et le mardi, vingt- 
neuf tioYembre, j,en ai eu un nombre sufBsani 
pour op^rer : 、 



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一 40 — 

Les mouches du verre ひ。 1 , trait^es avec du 
miel seul, sont vigoureuses et promettent de viTre 
aussi longtemps que je leur foumirai du miel et 
de la chaleur ; 

Les mouches du verre 2, trait も es avec du 
jus d'olive renouvel^ chaque jour, sont mortes de 
faim; le deux d さ cembre, il n'y en avait plus de 
vivantes ; 

Les mouches du verre 3 も taient au nombre 
de quinze, Le mardi , vingt-neuf novembre, le 
cobalt emmiell さ a 6t6 plac^ au bord du verre , 
et le lendemain, trente novembre, k dix heures 
du matin, il a 6t さ constat さ qu'elles さ taient toutes 
mortes. 

Je n,ai pas encore pu experimenter sur des 
vergers d'oiiviers, parce que je n'ai d^couvert ce 
procM^ que depuis quelques mois, et que j,ai 
dA attendre les mois de septembre et d'octobre 
pour me procuriBr les chrysalides dont j'avais 
besoin, pour faire mes premieres experiences. 
Au reste rannee 1859 n'^tant pas Fannte de la 
maladie, et le ver ayant s さ vi d'une manifere par- 
tielle et presque inapergue, des experiences en 
plein champ n'auraient amene aucun r^sultat 
saisissable. 

Le cobalt pourrait donner lieu k des accidents. 
Des oiseaux qui seraient morts pour en avoir 
mang^, pourraient さ tre k leur tour manges par 
des hommes, et causer, sinon la mort, du moins 



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41 一 

des indispositions graves. On Dourfait trouver 
iin toxique mortel pour les mouches et inoffensif 
pour rhomme. » 

Ces expenences bien faites, et plusieurs fois 
r^p^t^es, 6tablissent dune manifere certaine que 
le dacm okw ne provient pas, comme on le 
croit g さ n も ralement en Provence, de la d^om- 
position du marc d'olives d^pos^ prfes des mou- 
lins de reoense. Elles indiquent en outre un 
moyen facile de diminuer consid^rablement le 
nombre de mouches funestes k Volmer. En 
plagant, dans les parties des vergers, qui sont 
expos^es au soleil et abrit^es contre le vent, des 
plats ou de petites planches enduites de miel 
empoisonn^, on arriverait k sauver une partie 
de la r^colte. S,il est vrai que chaque mouche, 
ainsr que I'ont remarqu6 les entomologistes les 
plus distingu^s, depose dans les olives plus de 
trois cents oeufs, et que chaque larve ne demande 
en 6t6 que trente jours pour passer k 1, さ tat d'in- 
secte parfait, on pent conclure qu'une seule 
mouche d^truite k la fin de juillet diminue la 
troisifeme g さ n さ ration de trois cents fois trois cents 
individus , soit quatre-vingt-dix miUe consom- 
mateurs. En supposant une quatri も me g さ n も ration, 
comme on en voit lorsque rautomne se compose 
de beaux jours, sans vent, sans pluie et sans 
abaissement sensible de temperature , chaque 
mouche compte vingt - sept millions d'arrifere 



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一 42 — 

petits^fils, tribu assez nombreuse pour ravager 
toute une contr^e. Le moyen indiqu6 par M. 
Gimon, peu dispendieux et facile k appliquer, 
m さ rite done d'etre signal も aux cultivateurs de la 
Provence. Le nombre des mouches tu6es futril 
insignifiant, les r^sultats obtenus compenseront 
toujours la d^pense. 

Mais ce n'est pas une guerre partielle , une 
guerre de guerillas, qu,il faut laire k la terrible 
mouche. Nous demandons qu'on organise con - 
tr'elle une guerre g さ n さ rale, et que tous ceux qui 
sont exposes h ses attaques , se mettent simul- 
tan^ment en campagne. Nous esp^rons que les 
societ^s savantes et les cornices agricoles des 
pays oil on cidtive Folivier, voudront bien exa- 
miner la question dans les termes oix nous ravons 
pos6e , et nous donner leur concours et leur 
appui pour arriver k une solution. 



CONCLUSION. 



Ce n,est qu'aprfes dix ans d'observations cons- 
tantes, de correspondances suivies avec les pays 
oil la culture de Folivier est en honneur ; ce 
n,est qu'aprfes de nombreux voyages que nous 
avons faits en Italie, en Corse et en Afrique ; 
enfin, ce n'est qu'aprfes nous も tre entour も des 



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一 43 — 



documents les plus seneux ei des conseils les 
plus 6claires, que nous nous sommes decide a 
publier ces observations. Ce n,est done pas pour 
nous dormer le plaisir de soutenir un paradoxe, 
mais pour t&cher d ,さ tre utile k notre pavs, que 
nous proposons les conclusions suivantes aux 
reflexions de nos concitoyens et k la sollicitude 
du gouvernement : 

1。 Le ddcus olecB conserve k 1 ,さ tat d,oeuf ou de 
chrysalide dans les olives pendantes sur les ar - 
bres durant les mois d,hiver, s'^lance au retour 
du printemps en essaims formidables, et d^tniit 
p^riodiquement tous les deux ans, les trois cin - 
quifemes au moins de la r^colte. La perte qu,il 
cause peut さ tre ^valu^e pour les trois jd も parte - 
ments formes de Vancienne Provence , k une 
somme approximative de cinq millions ; 

2。 Le principal foyer d'infection se trouve 
dans la rivifere de Gtoes et dans Varrondissement 
de Grasse, 0な, par suite de circonstances parti- 
culi も res et accidentelles, les oUviers, contraire- 
ment aux principes d'une sage Economic, sont 
tous tallies la m さ me ann^e. Cette culture inintel- 
ligente produit fore も inent, de deux ann^es I'une, 
une r^colte excessive qui ne peut も tre termin^e 
avant le retour des chaleurs ; 

3° Les cultivateurs , entraines par VhaDitude 
et par une cupidity mal entendue, ne sauraient 



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— 44 — 



oil ne pourraient inaividuellement prendre les 
mesures n^cessaires pour modifier une situation 
si d^favorable. 

Nous proposons done que, par une convention 
intervenue entre les deux 6tats de, France et de 
Sardaigne , il soit fait, dans les deux pays, un 
rfeglement de police rurale, qui fixe au 1^' avril 
la cloture definitive de la cueillette et de la tritu- 
ration des olives. Les deux pays y ont un さ gal 
inter^t ; et cet int も r さ t, en ce qui concerae 】a Pro- 
vence et la rivifere de G さ nes, est aussi majeur, a 
tout autant d'imporlance que le drainage ou rirri- 
gation. 

La dernifere lettre de S. M. VEmpereur au mi- 
nistre d,£tat, oil se trouvent de si bonnes paroles 
pour Vagriculture , nous fait esperer que nos 
voeux seront pris en s^rieuse consideration. Les 
(5conomistes les plus habiles ont fini par com - 
prendre que dans le bien-6tre des nations, Fa- 
griculture joue un role plus efficace aue le com- 
merce ou rindustrie. Le commerce deplace les 
richesses publiques , rindustrie les transforme, 
Vagriculture seule peut les cr^er. 



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